L’Europe et le FMI font des efforts extraordinaires pour faire capoter les négociations avec la Grèce. Tout est planifié pour la briser, faisant passer la victime du moment pour le bourreau. Pourtant, comme l’écrit très clairement Jacques Sapir, parmi d’autres : « Le drame de la Grèce est qu’elle a réalisé un effort budgétaire considérable mais uniquement au profit des créanciers.

L’investissement, tant matériel qu’immatériel (éducation, santé), a donc été sacrifié sur l’autel des créanciers. Dans ces conditions, on ne peut s’étonner que l’appareil productif de la Grèce se dégrade et qu’elle perde régulièrement de la compétitivité. C’est cette situation que le gouvernement actuel de la Grèce, issu de l’alliance entre SYRIZA et l‘ANEL, cherche à inverser. Le gouvernement grec ne demande pas des sommes supplémentaires à ses créanciers. Il demande que l’argent que la Grèce dégage puisse être utilisé pour investir, tant dans le secteur privé que public, tant dans des investissements matériels qu’immatériels. Et sur ce point, il n’est pas prêt à transiger, du moins jusqu’à maintenant. »

Les médias, une bonne partie du moins, toujours soucieux d’indépendance quand il s’agit d’enfoncer du faible, ne se privant pas pour attribuer la responsabilité de cet « échec » au seul gouvernement grec, à son entêtement à refuser la négociation sous des prétextes fallacieux, guettant le moment de faiblesse ou, mieux, sa future capitulation, tout pareil que s’il s’agissait d’un match de foot et non de vies humaines, où la seule chose qui compte c’est la défaite de l’autre, peu importe la manière. Ainsi la moindre « concession tactique » de la part des amis grecs est présentéee comme un acte de « renoncement », largement relayée, histoire de mieux les discréditer et semer la discorde dans leur camp.

Pourquoi tant d'acharnement ? Est-ce parce que l’Europe et le FMI sont les otages de la haute finance et qu’ils n’osent pas l’avouer publiquement ?... Mais comment en serait-il autrement, puisque ces hauts dignitaires de l’économie, de la politique mondiale, de la morale irréprochable, sont de fait formés, dès leur plus jeune âge, à moudre du pauvre dans les plus hautes institutions et sont ensuite désignés pour devenir le bras armé d’une mafia qui ne dit pas son nom. Quelle différence entre le racket organisé par le FMI et l’Europe libérale et celle qui sévissait en Amérique pendant les années de la prohibition, de Al Capone à Lucky Luciano, de Vito Genovese à Dutch Schultz ?... Quel tribunal pour les juger ? Aucun, puisque le tribunal c’est eux !

Alors que nous reste-t-il comme alternative ? La parole, encore et toujours. La désobéissance civile. Mais quand la parole et la désobéissance civile s’avèrent insuffisantes, on fait quoi ?... On met le feu partout ?...

Pour l’heure, beaucoup plus responsable, Athènes annonce l’organisation d’un référendum le 5 juillet prochain, un recours démocratique et pédagogique qui perturbe grandement les saigneurs de la mondialisation tous azimuts, semant le trouble jusque dans leurs propres rangs !

Source : agoravox